B2A2C : l’ère du commerce agentique est déjà là

Publié le 29 octobre 2026

Le B2A2C, pour Business To Agent To Customer, désigne un modèle de commerce dans lequel une entreprise interagit avec son client par l’intermédiaire d’un agent d’intelligence artificielle. Cet assistant aide le client à exprimer son besoin, à découvrir et comparer des produits, puis à acheter et à suivre sa commande en dialoguant avec les systèmes du commerçant.

Le libraire se souvenait de vous

Il se souvenait de ce roman conseillé quelques semaines plus tôt. De votre enthousiasme, ou de votre déception. Il connaissait votre goût pour les récits historiques, mais savait aussi que ce livre acheté en décembre était destiné à votre père.

Votre libraire ne connaissait pas seulement ses livres. Il connaissait ses lecteurs.

Il lui arrivait de se tromper. Vous reveniez lui dire qu’un ouvrage vous avait laissé indifférent. Il vous posait quelques questions, comprenait mieux vos goûts, puis vous entraînait vers une autre étagère. La conversation reprenait là où elle s’était arrêtée.

Internet nous a donné accès à des millions de références. Mais il nous a souvent privés de cette relation. Nous avons remplacé les conseils par des filtres, les échanges par des moteurs de recherche et la mémoire du commerçant par des historiques de navigation.

Voici pourtant que l’intelligence artificielle pourrait nous ramener à cette forme ancienne du commerce. À une différence près.

Cette fois, le client ne pousse plus nécessairement la porte. Il interroge ChatGPT, Claude ou Gemini. Il raconte ce qu’il cherche, explique pour qui il souhaite acheter, précise son budget. L’assistant questionne, compare, suggère. Et, lorsque l’utilisateur l’y autorise, il peut conserver une partie de ses préférences pour prolonger la conversation.

Une forme de personal shopper numérique, disponible à toute heure, auquel nous finissons parfois par prêter une attention presque humaine.

La conversation revient au cœur du commerce. Seulement, celui qui nous répond n’est plus nécessairement celui qui nous vend.

Et si votre meilleur produit n’était jamais recommandé ?

Imaginons que notre libraire vienne de découvrir un roman remarquable publié par une petite maison d’édition. Il sait à quels lecteurs le conseiller. Il en connaît les qualités, les singularités, les défauts même. Il pourrait en parler pendant des heures.

Mais voici qu’un client potentiel demande à son assistant de lui trouver un roman historique pour son père. L’intelligence artificielle comprend sa demande. Elle consulte les informations auxquelles elle a accès et sélectionne quelques ouvrages.

Le livre de notre libraire aurait peut-être été le choix idéal. Pourtant, il n’apparaît pas. Non parce qu’il est moins bon. Ni parce que son prix est trop élevé.

Simplement parce que l’assistant n’a pas accès aux informations qui lui permettraient de le découvrir, d’en comprendre l’intérêt ou de l’acheter auprès de ce commerçant.

Le lecteur est satisfait. Il a trouvé un livre. Le libraire, lui, ne saura jamais qu’il aurait pu le lui vendre.

Le risque n’est plus seulement que vos clients quittent votre boutique. C’est qu’ils trouvent ce qu’ils cherchent sans jamais savoir que vous existiez.

Une révolution déjà mesurable

On pourrait croire cette perspective encore lointaine. Pourtant, les habitudes commencent à changer.

Selon une étude internationale de la National Retail Federation et d’IBM publiée en janvier 2026, 41 % des consommateurs interrogés déclarent utiliser des assistants IA pour rechercher des produits.

D’après les données publiées par Adobe pour juillet 2026, les visites de sites marchands américains provenant de sources d’intelligence artificielle affichaient un taux de conversion supérieur de 60 % à celui des autres canaux étudiés.

Il ne s’agit pas encore d’une généralisation des achats entièrement autonomes. Mais les assistants interviennent déjà dans la découverte, la comparaison et la préparation de décisions d’achat.

Une étude publiée le 21 octobre 2026 par Boston Consulting Group indique que 68 % des distributeurs interrogés anticipent un impact important ou transformationnel du commerce agentique dans les deux prochaines années. Pourtant, seuls 18 % considèrent leur marketplace prête à interagir avec les agents IA.

Entre la conscience du changement et la capacité d’y répondre, le fossé reste considérable.

Pendant ce temps, OpenAI structure la découverte de produits et les interactions commerciales dans ChatGPT. Google développe ses propres mécanismes pour relier recherche, conseil et achat. De nouveaux assistants peuvent naviguer sur Internet et accomplir certaines actions au nom de leurs utilisateurs.

La question devient immédiate : lorsqu’un client confiera sa prochaine recherche à un assistant, vos produits feront-ils partie des réponses possibles ?

Combien de langues faut-il parler pour vendre un livre ?

Imaginons un instant que notre libraire soit obligé de changer de langue selon la personne qui entre dans sa boutique. Avec chacune, il lui faudrait apprendre de nouvelles expressions, comprendre des règles particulières, s’adapter à des usages différents. Et lorsque la conversation aboutirait à un achat, les formalités elles-mêmes changeraient.

Combien de temps lui resterait-il pour lire, découvrir de nouveaux auteurs et conseiller ses clients ?

Cette petite fable ressemble au défi technique auquel sont confrontés les commerçants. Les grands acteurs de l’intelligence artificielle développent différents protocoles : certains structurent les échanges commerciaux (ACP, UCP), d’autres l’accès aux services et aux interfaces (MCP, WebMCP). Les paiements disposent également de nouvelles approches (AP2, MPP).

Ces initiatives ne remplissent pas toutes les mêmes fonctions. Certaines peuvent se compléter. Mais elles possèdent leurs conventions, leurs exigences d’intégration et leurs propres rythmes d’évolution.

Il ne suffit donc plus de disposer d’un beau catalogue numérique. Il faut aussi que les assistants puissent accéder à des informations fiables, consulter les stocks, comprendre les variantes, composer un panier, accompagner un paiement, puis retrouver une commande.

Plus le commerce devient simple pour le consommateur, plus il risque de devenir complexe pour celui qui vend.

Cartmelai : rendre la technologie invisible, pas le commerçant

C’est précisément cette contradiction que Cartmelai entend résoudre.

L’entreprise française développe une infrastructure permettant aux commerçants de rendre leurs systèmes de vente accessibles aux assistants d’intelligence artificielle, sans devoir construire et maintenir une intégration indépendante pour chaque nouvel environnement.

Elle agit comme une couche d’abstraction entre les plateformes e-commerce et les protocoles du commerce agentique. Mais son ambition ne se limite pas à rendre un catalogue découvrable.

Cartmelai vise à activer l’ensemble du parcours commercial : de la découverte des produits à leur recommandation, puis à la constitution du panier, au paiement, à la commande et à son suivi.

Revenons à notre lecteur. Il demande conseil à son assistant pour trouver un cadeau. Celui-ci peut consulter les offres mises à disposition par le libraire, vérifier qu’un ouvrage est disponible, en préciser le prix et accompagner l’achat.

Quelques jours plus tard, le lecteur revient dans la même conversation : « Au fait, où en est le livre que j’ai commandé ? » Grâce à la connexion avec les systèmes du marchand, l’assistant peut alors accéder aux informations de commande autorisées et lui transmettre un état actualisé.

La relation ne s’arrête pas au paiement. Elle se poursuit au-delà de l’achat.

Pour rendre possibles ces expériences, il faut faire dialoguer des technologies qui n’ont pas toutes été conçues pour fonctionner ensemble. C’est précisément le rôle que Cartmelai cherche à prendre en charge.